Benattou Benichou-Entretien Radio Classique-Directeur de l'Académie des Métiers du Cinéma
Humain, collectif, authentique : ce que le cinéma exige vraiment
Le regard avant l'outil : 8 leçons de Benatou Benichou sur le cinéma et la formation
Dire la vérité
« C'est le métier le plus dur au monde. » Le cinéma est une passion, pas une garantie. L'école ne doit pas vendre de rêves, mais donner des outils réels et une expérience transformatrice.
Réalisateur, on le devient
« Il faut rentrer par la petite porte et après avancer. » 90 % des aspirants veulent réaliser. Or c'est en pratiquant les autres métiers qu'on y arrive. L'AMCA fait découvrir tout le spectre, de l'écriture à la production, et laisse chacun trouver sa place.
Le cinéma est un art collectif
« Il n'y a pas qu'un réalisateur. Il y a des centaines de personnes derrière.»Le générique d'un film révèle des dizaines de métiers méconnus. Les fairedécouvrir, c'est ouvrir un horizon concret à des étudiants qui nesoupçonnent pas ces possibilités.
Le monde manque d'histoires neuves
« On ne fait que du remake. Il faut venir avec des nouvelles idées, desscénarios originaux. » Dans un paysage audiovisuel saturé de recyclage,l'authenticité est la ressource la plus précieuse.
L'IA aide, l'humain crée
« L'intelligence artificielle reste artificielle. L'être humain parle de l'êtrehumain. » L'IA peut proposer un synopsis, mais elle le proposera aussi àquelqu'un d'autre. Ce qu'elle ne peut pas produire : le vécu d'un habitant, samémoire, son regard singulier. C'est exactement la matière première de l'écoleambulante.
L'outil ne fait pas le film
« Ce n'est pas parce qu'on a la meilleure caméra au monde qu'on fera lemeilleur film. » La création prime sur l'équipement.
Le réseau est vital
« Le cinéma, c'est un métier de réseau. Sans parrainage, les étudiants nepeuvent pas avancer. » Les intervenants professionnels de l'école deviennent lepremier réseau des étudiants.
Petit groupe, grand accompagnement
« Pour individualiser, il faut des petites promotions et une personnalisationde la formation. »
L'AMCA limite ses effectifs à 60 par an : assez pour créer une dynamiquecollective, assez peu pour que chacun soit vu, écouté, accompagné.
En une phrase
Lors de cet entretien, M. Benichourappelle la primauté du regard sur l'outil, du récit sur latechnique, de l'humain sur l'artificiel et du collectif surl'individuel. C’est la philosophie des programmes de formation proposés parl’AMCA .



